Qui a cofondé Microsoft, l’entreprise de micro-informatique ?
En 1975, deux jeunes passionnés de programmation créent une petite société à Albuquerque avec une conviction alors jugée utopique, un ordinateur personnel sur chaque bureau. Cinquante ans plus tard, ses logiciels équipent plus d’un milliard d’appareils dans le monde. Mais comment une amitié de lycée s’est-elle transformée en l’une des aventures entrepreneuriales les plus marquantes de l’histoire moderne ?
Qui a cofondé Microsoft, Bill Gates et Paul Allen en 1975
Microsoft a été cofondée par Bill Gates et Paul Allen le 4 avril 1975 à Albuquerque, au Nouveau-Mexique. Les deux hommes se connaissaient depuis le lycée Lakeside de Seattle, où leur passion commune pour la programmation avait scellé une amitié durable. À l’époque, Gates n’avait que 19 ans et venait d’abandonner ses études à Harvard pour se consacrer entièrement à ce projet.
Allen, de deux ans son aîné, avait lui aussi quitté l’université de Washington pour rejoindre l’aventure. Le point de départ est la lecture, en janvier 1975, d’un article du magazine Popular Electronics présentant le micro-ordinateur Altair 8800. Gates et Allen y voient immédiatement une opportunité, fournir un langage de programmation accessible à cette machine.
En quelques semaines, ils développent un interpréteur BASIC fonctionnel et convainquent le fabricant MITS de l’adopter. Ce premier contrat lance officiellement Microsoft sur les rails. Cette vision d’une technologie accessible à tous a ouvert la voie aux usages professionnels que l’on connaît aujourd’hui, des tableurs aux outils de conférence téléphonique en entreprise.
Voici les grandes dates qui marquent la naissance et l’ascension de l’entreprise :
- 1975 : fondation de Microsoft à Albuquerque par Bill Gates et Paul Allen
- 1976 : dépôt de la marque commerciale « Microsoft »
- 1979 : déménagement du siège social à Bellevue, dans l’État de Washington
- 1980 : contrat historique avec IBM pour fournir un système d’exploitation
- 1981 : lancement de MS-DOS, système qui équipe les premiers PC IBM
- 1985 : sortie de Windows 1.0, première interface graphique grand public
- 1986 : introduction en Bourse de Microsoft
Deux profils complémentaires au service d’une vision commune
Ce qui rend le duo Gates-Allen aussi efficace, c’est avant tout la complémentarité de leurs profils. Paul Allen est le rêveur technologique, celui qui repère les opportunités dans les innovations naissantes et convainc son associé de sauter le pas.
Bill Gates, lui, apporte une rigueur commerciale et une capacité à négocier des contrats que peu d’entrepreneurs de son âge maîtrisaient. Ensemble, ils forment un binôme capable de transformer une idée en produit, puis un produit en empire. Allen quitte Microsoft en 1983, après avoir reçu un diagnostic de lymphome de Hodgkin.
Il reste actionnaire et entretient une relation amicale, parfois tendue, avec Gates jusqu’à sa disparition en octobre 2018. Son départ n’efface pas son rôle fondateur, c’est lui qui avait insisté pour créer l’entreprise et qui avait aperçu le premier l’article sur l’Altair. Sans cette intuition, Microsoft n’aurait peut-être jamais vu le jour.
MS-DOS et Windows, les produits qui ont imposé Microsoft au monde entier
Le tournant décisif arrive en 1980, lorsqu’IBM cherche un système d’exploitation pour son futur ordinateur personnel. Microsoft rachète alors un logiciel existant, le QDOS, le renomme MS-DOS et le cède à IBM sous forme de licence, tout en conservant le droit de le vendre à d’autres constructeurs.
Ce choix stratégique, que beaucoup qualifient de coup de génie, propulse MS-DOS comme standard mondial et installe Microsoft en position dominante sur un marché en pleine explosion. La suite logique est Windows, lancé en 1985. L’interface graphique remplace les commandes textuelles et rend l’ordinateur accessible à des millions d’utilisateurs sans formation technique.

Chaque nouvelle version, Windows 3.1, Windows 95, Windows XP, renforce un peu plus l’emprise de Microsoft sur le marché des systèmes d’exploitation pour PC. À son apogée dans les années 1990, Windows équipait plus de 90 % des ordinateurs personnels vendus dans le monde.
L’héritage de Gates et Allen dans l’économie numérique
L’influence des deux cofondateurs dépasse largement le cadre de leur entreprise. Bill Gates est devenu l’une des figures les plus reconnues de la philanthropie mondiale à travers la Fondation Bill et Melinda Gates, dédiée à la santé publique et à l’éducation dans les pays en développement.
Paul Allen, de son côté, a investi massivement dans la recherche scientifique, la conquête spatiale et la préservation des océans via son fonds Allen Institute for Brain Science. Sur le plan technologique, leur modèle économique fondé sur les licences logicielles a redéfini l’ensemble du secteur. Avant Microsoft, la pratique dominante consistait à vendre le logiciel avec le matériel ou à le distribuer gratuitement.
Imposer une valeur marchande au logiciel, indépendamment du hardware, est une révolution conceptuelle dont tous les éditeurs actuels sont les héritiers directs. L’idée que le code source mérite une protection juridique et commerciale, Gates et Allen l’ont défendue avec constance dès les premières années de l’entreprise.

Microsoft aujourd’hui, un géant qui continue de se réinventer
Depuis les années 2014, sous la direction de Satya Nadella, Microsoft a opéré une transformation remarquable en pivotant massivement vers le cloud computing avec Azure et en s’imposant dans l’intelligence artificielle grâce à son partenariat stratégique avec OpenAI.
Le rachat de LinkedIn en 2016 pour 26 milliards de dollars, puis celui d’Activision Blizzard en 2023, illustrent une capacité d’acquisition et d’adaptation que peu de groupes technologiques peuvent revendiquer. L’héritage de Gates et Allen se lit dans chaque couche de cette architecture.
La culture du logiciel comme produit central, la priorité accordée à la compatibilité et à l’interopérabilité, la volonté d’être présent dans tous les segments de marché, ces principes, forgés à Albuquerque en 1975, continuent de guider la stratégie d’une entreprise dont la capitalisation boursière dépasse aujourd’hui les 3 000 milliards de dollars.
